Les politiques d’emploi et des retraites sont basées sur un mensonge

Avez-vous entendu parler du “sophisme de la quantité fixe de travail”?  Non?  Ce n’est pas surprenant, notre classe politique ne semble pas le connaître non plus.

Dans les milieux académiques de l’économie, on l’appelle aussi “The Lump Sum of Work Fallacy”.  Ce n’est pas une “théorie”, c’est un sophisme connu et reconnu dans tous les cercles techniques, un grand mensonge.

En effet, la quantité de travail n’est pas fixe, loin de là.  Si elle était fixe, comment expliquer que les États Unis aient subi la suppression de 2.6 millions d’emplois en 2008 (Le Monde, édition du 9 janvier 2009)?  Ou qu’ils aient crée 2.95 millions d’emplois en 2014 (Le Monde, édition du 9 janvier 2015)?  Dans ce cas précis, il est clair que c’est le cycle économique qui est le responsable des variations, et que la quantité de travail n’est pas fixe.

Ou encore, si la quantité de travail était fixe, comment expliquer que les États Unis aient aujourd’hui moins de 5% de chômage avec plus de 320 millions d’habitants, c’est à dire plus du double d’habitants qu’en 1950?  Si la quantité de travail était fixe, Les États Unis aujourd’hui devraient, en principe, afficher un taux de chômage de plus de 50%, or , comme on l’a vu, c’est loin d’être le cas.

Non, la quantité de travail n’est pas fixe.  Elle n’est pas fixe parce-que, toute chose étant égale par ailleurs, elle dépend surtout de la capacité de l’économie de générer de la valeur ajoutée par le travail.  En fait, postuler que la quantité de travail est fixe, est équivalent à dire que la valeur ajoutée est un leurre.  Or, ce n’est pas seulement que même Marx avait déjà bien identifié que la production avait une valeur ajoutée, nos amis Socialistes admettent le principe et l’aiment bien, comme en témoigne la TVA.

En somme, les politiques basées sur le Sophisme de la Quantité Fixe de Travail sont basées sur un mensonge, un mensonge en totale contradiction avec la politique fiscale prônée par leurs défenseurs et avec la réalité du monde économique.

Or, la politique des 35 heures, ainsi que celle préconisant la retraite à 60 ans, sont basées sur ce mensonge.  En effet, vous avez certainement entendu ces discours qui justifient ces mesures par le besoin de “partager le travail”, en libérant des places pour les autres.  Ces discours sont basés sur l’ignorance des affaires qui touchent à l’économie et à l’emploi, puisqu’ils sont construits partant des préceptes issus du Sophisme de la Quantité Fixe de Travail.  En conséquence, il faut revenir en arrière sur les 35 heures.  Nous sommes le seul pays au monde à avoir pris des telles mesures, mesures qui vont complètement à l’encontre des préceptes économiques les plus basiques.

Les 35 heures ne sont pas un “acquis social”, elles sont un cadeau empoisonné, le fléau responsable de la chute de la compétitivité française et de la dégradation de nos services publics, notoirement en milieux hospitalier.

On m’explique que “les français sont attachés aux 35 heures”.  En effet, l’obèse est attaché à ses boissons sucrées, le fumeur est attaché à ses cigarettes, et l’alcoolique est attaché à sa bouteille.  Mais si on veut véritablement sortir de notre déclin, il faudra prendre les mesures qui s’attaquent à nos maux à la racine.  Et un des maux qui est à la racine de notre manque de compétitivité, notre manque d’investissements et de notre chômage, est notre attachement aux 35 heures.

Toute addiction est néfaste, surtout parce-que sa guérison dépend quasi exclusivement de la volonté de la personne atteinte à admettre qu’elle a un problème et à reconnaître sa source.  Aurons-nous le courage d’admettre que les 35 heures sont un problème et et de les rejeter?

Le plus difficile dans toute proposition politique, est de faire comprendre la nécessite du changement.  En effet, tant bien que mal, la vie continue. Alors pourquoi changer?  Pourquoi maintenant?  Le problème, est que lorsque la situation deviendra irréversible, lorsque le drame guettera, il sera trop tard.  C’est un peu comme la blague de la personne qui se jette d’un bâtiment de 20 étages.  Interrogée à hauteur du 2ème étage, elle déclare: “jusque là, le vol plané se déroule bien”.  Bien entendu, sa mort est proche et inévitable, mais elle ne se rend pas compte.

Nous sommes au bord du précipice, mais nous n’avons pas encore sauté dans le vide.  C’est maintenant qu’il faut prendre les mesures qu’il faut, alors que l’on a encore le temps de s’éloigner du bord, se poser et de faire les choses de façon réfléchie et consensuelle.  Autrement, lorsque la bombe explosera, nous serons contraints d’agir vite et de couper là ou il ne faudrait pas, et nous découvrirons que l’on ne peut pas toucher à ce qu’il aurait fallu véritablement changer sous peine d’empirer la situation.  C’est ce qui est arrivé à la Grèce, contrainte d’appliquer des plans d’austérité qui cherchent à s’attaquer à la maladie en ne combattant que les symptômes.  Résultat: après plusieurs plans d’économies, la Grèce reste frappée par les mêmes problèmes qui ont causé sa chute, tout en restant prisonnière de ses plans d’austérité.  Si nous voulons éviter ce scénario, il faut avoir le courage de changer maintenant.

 

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